ACCOMPAGNEMENT ET CONDUITE DES SEPULTURES PENDANT LE CONFINEMENT SUR LA PAROISSE SAINT-JEAN BAPTISTE DES COLLINES

Quelques ressentis sur l’accompagnement et la conduite des sépultures pour des familles en deuils pendant la première vague de confinement sur la paroisse saint Jean Baptiste des Collines peuvent se résument dans les lignes suivantes.

La première vague de la pandémie du COVID 19 a été une période très difficile dans le cadre de l’accompagnement et la conduite des sépultures sur la paroisse saint Jean Baptiste des Collines.

Cette première vague a été très dure parce que c’est une nouvelle expérience dont on ne connaissait pas et ne maîtrisait pas. On ignorait beaucoup de détails sur sa façon de contamination. L’équipe d’accompagnement qui, d’habitude est composée en majorité par des personnes de plus de 70 ans, s’est trouvée très appauvrie de personnel. Pour ce faire, il a fallu que l’accompagnement qui se faisait en binôme, se fasse par une seule personne.

D’habitude faire l’accompagnement de famille en deuil à deux c’est mieux parce que les accompagnateurs se partagent les tâches et l’épreuve. Ils se complètent mutuellement à trouver des bonnes paroles pour apaiser et bien accompagner les familles en deuil. Mais comme on combat avec les moyens qu’on a, malgré la diminution du personnel, l’équipe réduite s’est acquittée courageusement et efficacement à cette noble tâche. Nous leur adressons un grand merci pour leur dévouement.

Quand l’organiste et l’animateur participent à l’accompagnement des sépultures, les célébrations liturgiques deviennent très riches. Cependant, au cours de ce confinement, il nous est arrivé de conduire la sépulture sans organiste et sans animateur. Ainsi donc, il a fallu que l’accompagnateur et le conducteur se débrouillent pour les chants. Un grand merci pour les sacristains qui nous aidaient à chanter ou à mettre des chants avec la clé USB.

Pour les familles qui sont dans la double peine de souffrance du deuil et de confinement, il n’est pas facile de les contraindre à limiter le nombre des membres de familles (20 personnes) à participer aux funérailles. Surtout quand on est une grande famille, le choix est très compliqué. Pour s’adapter à cette situation, certaines familles ont procédé par la projection des célébrations par le vidéo-internet. Mais il faut noter que cette capacité n’est pas donnée à tout le monde car cela nécessite des moyens matériels et techniques appropriés.

En outre pendant ce confinement, il y a eu des familles qui n’ont pas voulu passer à l’église mais qui ont préféré faire toutes les célébrations directement au cimetière suite à des différentes raisons : soit parce que la personne à accompagner était morte de COVID 19, ou soit pour des raisons de se trouver en pleine air afin d’être bien rassurés à la protection sanitaire.

Que dire du danger de participer à l’accompagnement et la conduite des sépultures pendant cette période de pandémie ? Je trouve qu’une fois toutes les consignes sanitaires sont bien observées, il n’ y a pas de raisons à avoir peur. Je tiens donc à préciser que c’est de notre devoir de l’Eglise à accompagner dignement nos frères et sœurs qui nous quittent vers la maison du Père. Cela rejoint la pensée de la fraternité de tous comme nous le recommande le saint Père François dans la récente encyclique « Fratelli Tutti ».

Avec la restriction du nombre des membres de famille à participer à la sépulture, on a observé un grand chagrin, car la famille et l’entourage ne parviennent pas à accorder l’affection amicale et familiale au défunt. Les membres de familles restent enfermés dans le deuil, car ils ne bénéficient pas comme il le souhaitaient du soutient et de la sympathie des amis et connaissances. Cette limitation est une grosse barrière qui est perçue comme un sentiment ou une culture antisocial qui laisse la famille dans l’isolement des douleurs et la tristesse.

Enfin, pour aider les familles éprouvées pendant cette période de confinement, il conviendrait d’organiser solennellement des messes du souvenir. Même si on ne peut pas rattraper le passé, du moins dans l’unité paroissial, on peut rendre hommage aux familles et prier pour les âmes des membres de familles trépassés, afin qu’elles reposent en paix éternellement …

Abbé Janvier DUSABIMANA