Jour après jour, la nuit gagne inexorablement du terrain, alors que nous aimerions tant un peu de lumière et de liberté. Le monde lui-même semble pris dans les ténèbres…
Cette pandémie a cristallisé beaucoup de choses. Elle a suscité peurs, agressivités, revendications, replis sur soi. Elle révèle surtout une crise plus profonde qui ronge notre monde : une crise de l’espérance.

Le temps de l’Avent et de Noël nous est donné pour ouvrir le chemin de la confiance et de la paix. Car « nous étions desséchés comme des feuilles… Voici que tu es descendu à notre rencontre… Voici que tu viens nous rencontrer… » (cf. Livre d’Isaïe – 1er Dimanche de l’Avent). C’est la belle expérience de l’Avent.

Nous la signifierons particulièrement en accueillant l’Enfant-Dieu. N’est-Il pas l’Espérance du monde ?

En ces jours, le Seigneur nous redit qu’Il est venu, qu’Il vient, et qu’Il est toujours là, marchant à nos côtés. « Aucun don de grâce ne vous manque ». Il est là et « vous fera tenir fermement jusqu’au bout… car Dieu est fidèle lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus » (cf. Lettre de St-Paul – 1er Dimanche de l’Avent).

Alors redoublons d’attention et de vigilance. « Prenez garde, restez éveillés ! ». C’est le message de l’évangile (cf. Evangile selon St-Marc – 1er Dimanche de l’Avent). Il y a comme une mise en garde et une mission, une attention en vue d’une action.

En ces temps de crise, d’épidémie, de semi-confinement, de restrictions, où certains demandent avec insistance d’avoir la messe, le Seigneur nous dit : « Prenez garde, restez éveillés ! ».

Ce temps nous invite à nous recentrer sur l’essentiel et à laisser de côté ce qui est accessoire. Qu’est-ce qui est essentiel et qu’est ce qui est accessoire ?
Le spirituel est vital. La dimension religieuse de notre vie est essentielle.

Ce temps nous invite à retrouver un « supplément d’âme », en entretenant notre vie spirituelle.
« Aucun don de grâce ne vous manque. Vous avez déjà tout ! ». Car, en fin de compte, Dieu est plus grand que tout et ne dépend d’aucune circonstance. Il comble celui qui s’ouvre en vérité à Lui… comme Il veut, quand Il veut, et par les moyens qu’Il veut.

La présence de Dieu est partout et n’est jamais exclusive. Dieu, présent aux hommes, est même vivant en eux, et le rejoindre est donc possible.

Les catholiques qui exigent « d’avoir la messe » posent-ils bien la question ? Ne réduisent-ils pas le sacrement de la fraction du pain à une « réalité consommable », alors qu’il est un mystère plus large et plus grand ?

Autrefois, on communiait au moins une fois par an, et les fidèles n’étaient pas moins spirituellement nourris et leur âme n’était pas desséchée.

Le croyant-pratiquant-catholique ne vit pas seulement « d’hosties », mais de « toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » (cf. Mt 4,4). Dieu est sans cesse à nos côtés. Il se donne continuellement.

A nous de le rechercher, le reconnaitre, l’écouter et l’accueillir d’une manière nouvelle.

Dire cela, c’est proclamer la fidélité du Seigneur. Dire cela, c’est croire qu’il nous conduit vers d’autres horizons de notre foi, vers une nouvelle maturité de la foi.

Aussi, ne nous comportons pas comme des « enfants gâtés ». Cherchons-le tant qu’Il se laisse trouver. Invoquons son nom, à tout instant, là où nous vivons. « Car aucun don de grâce ne nous manque pour tenir ! »

P. Carl BASSOMPIERRE, curé de paroisse